ou la permanence d'une activité humaine sur le coteau lormontais

L'aspect actuel des lieux ne permet pas de se rendre compte de la vie, parfois intense, qui a perduré, au fil des millénaires, sur le contrefort avancé du plateau de l’Entre-deux-Mers que présente le parc de l'Ermitage de Lormont.

En effet, depuis la Préhistoire nous trouvons la trace continue de l'activité de l'homme sur cette partie du territoire lormontais qui regarde de haut la Garonne et Bordeaux. Nous verrons s'y succéder tous les styles de vie que l'homme a pu développer au cours de son existence.

  • Les hommes préhistoriques dans leur vie nomade de chasseurs-cueilleurs, nous laissèrent quelques silex, dont une pointe de flèche tranchante du néolithique.
  • Une petite communauté de l'Age du fer s'y sédentarisa et y construisit ses habitations aux alentours de l'éperon dominant le Lissandre.
  • Une villa gallo-romaine s'y installa et forma le domaine de Rouffiac couvrant le sol lormontais.
  • Une nécropole antique tardive vient nous rappeler que là où vivent les gens, ils y meurent également.
  • Des ermites méditèrent longuement sous les vertes frondaisons face au fleuve et furent à l'origine de la création de la chapelle souterraine Sainte-Catherine qui donna son nom d'Ermitage au parc qui la surplombe. Les Carmes de Bordeaux y bâtirent un établissement et y prospérèrent en vendant l'eau pure des sources lormontaises aux navires en partance vers de lointaines destinations.

Mais, la vie n'étant pas toujours un « long fleuve tranquille », une maison forte, « la maison Raoul », s'établit, au XVIIe siècle, sur un point culminant à l'époque, face à Bordeaux, et subit les combats de la Fronde.

 C'est au cours d'un de ceux-ci que nous pouvons vérifier l'adage qu' "à tout malheur, bonheur est bon". En effet, c'est à un séjour mouvementé du maréchal de Plessis-Praslin, en ces lieux, que nous devons la création fortuite d'une douceur, appelée praline.

Ensuite, pendant plusieurs siècles, l'occupation se partagera entre domaines agricoles et maisons d'agréments, de villégiatures pour de riches négociants et parlementaires bordelais.

 

L'ère industrielle arrivant et les modes de construction évoluant, notre coteau se réveilla porteur d'une richesse appelée à un développement exponentiel : "de l'argile propre à fabriquer du ciment", l'élément de base, indispensable à toutes les nouvelles constructions.

Cette activité causa la perte et la destruction, au milieu du XXe siècle, du château Raoul (ou Beaufils)) qui avait succédé à la maison forte. Depuis l’arrêt, en 1980, de la fabrication de cette matière première, si chère au BTP, qu’est le ciment, le domaine, débarrassé de ses atours industriels, vit une profonde mutation.
L'évolution actuelle vers des valeurs durables, le retour à la nature (loisirs, espaces verts dans et autour des villes) ramène la vie sauvage dans la Ville pour le plus grand plaisir des habitants.
Son retour en zone campagnarde sauvage devient un atout. La faune et la flore reprennent possession de leur milieu naturel. Des espèces d'orchidées uniques dans la région y trouvent leur bonheur et enrichissent la biodiversité.

Mais, l’espèce humaine a besoin d'activités économiques pour vivre et prospérer, d'où la recherche incessante de celles-ci. Elle a également la faculté d’adaptation continue à son environnement évolutif et l’art de transformer les éléments devenus négatifs par son action, en positif pour son futur.

 

L'arrêt de l'activité industrielle de la cimenterie a laissé un grand vide dans la commune : au sens physique, la physionomie du coteau ayant été irrémédiablement modifiée par l'exploitation des couches d'argile, mais également au sens économique, car il n'est jamais neutre d'arrêter le fonctionnement d'un équipement de production.

Alors, quand, quelques décennies plus tard, des éléments se retrouvent à nouveau réunis pour pouvoir être créateur d'activités, il y a espoir.

Un forage géothermique oublié de beaucoup, la volonté d’un premier magistrat en recherche constante d’évolution et d'image positive pour sa commune, un emplacement qui devient un atout de par sa situation à la porte de l’agglomération bordelaise, vont permettre le retour d’une nouvelle activité économique. Il s'agit de créer un centre thermoludique, mariant économie, emplois, loisirs, bien être et développement durable.
En effet, l'eau chaude, puisée dans une nappe profonde à 825 m sous terre, jaillissant du sous-sol à 46 degrés, descendra par une cascade de 50 m de hauteur vers le nouveau complexe. Son hôtel, niché à flanc de coteau, dont les étages évoqueront des vagues, dominera le domaine d'activités articulé autour de l'eau et des loisirs. Nous nous déplacerons dans un parcours aquatique et fitness ponctué de marche à contre courant, de bains bouillonnants, de hammam, sauna, etc.

Ainsi, la vie active va de nouveau retrouver le bord du fleuve.

Par G. Gsell

 Le parc de l'Ermitage aujourd'hui

Amis du Vieux Lormont 2015